L’autre Brésil

Et si le Brésil ne se résumait pas au football, aux stéréotypes siliconé(e)s et aux plages édéniques ? Nous partons pour Bahia, la baie de tous les Saints. Bahia et ses kilomètres de côte. Bahia l’africaine, la vagabonde.

La première chose que nous apprenons en arrivant à Salvador de Bahia, c’est qu’il ne faut pas planifier sa journée. Dommage. Léon nous avait pour une fois préparé un voyage sur mesure ! Mais, ici, on apprend vite que le retard n’existe pas, on dit simplement « j’arriverai après ». Ça nous enchante ! Tout le monde vit joyeusement à contretemps, au cœur d’embouteillages et de marchés bondés, et malgré tout on chante et on danse à tous les coins de rue. Tout le monde semble heureux. Nous rejoignons directement la partie haute de la ville, le Pelourinho, classé depuis 1985 au Patrimoine Mondial de l’Humanité. C’est une véritable petite merveille coloniale, aussi colorée qu’une bonbonnière avec ses petites maisons roses, bleues, vertes ou jaunes. On apprend que c’est sur la place principale du Pelourinho que l’on fouettait les esclaves autrefois. Et visiblement la descendance, qui s’est métissée et a fait de Bahia la ville comptant la plus grande population africaine en dehors du continent africain (!), a gardé une certaine nostalgie dans ses chants, ses danses et ses cultes. Ici, on pratique le Candomble, un culte afro-brésilien qui peut effrayer lorsqu’on ne s’y attend pas ! Mais, pour notre plus grand plaisir, nous avons la sensation de voyager sur deux continents en même temps. Aujourd’hui ce cœur historique de Bahia est essentiellement touristique et toutes les habitations sont devenues des restaurants, des bars, des hôtels, des boutiques ou des galeries d’art. On joue de la musique live dans les bars et les petites cours secrètes, on s’exerce à la capoeira ou à la samba sur la grande place et on hume l’air de la baie suspendus à la terrasse panoramique d’une sublime posada (ces petits gîtes transformés en hôtels de style boutique au charme fou, il y en a des centaines toutes différentes !) Léon craque sur une serveuse bahianaise un peu plus généreuse que moi qui l’a charmé avec sa « moqueca ». Un filtre d’amour ? Un envoûtement afro ? Non, une spécialité bahianaise à base de poisson, crevettes, farine de manioc, légumes, lait de coco et huile de palme ! Un délice pour les hanches… Du coup, on comprend un peu mieux la « morphologie » bahianaise et on évite de devenir accro !

Nous reprenons l’impressionnant ascenseur Lacerda pour descendre dans la ville basse en quelques secondes (et quelques centimes). Nous voilà au cœur du Mercado Modelo, le royaume des breloques artisanales et des pièges à touristes. Et des pièges à Léon, encore ensorcelé par une bahianaise fougueuse ! De mon côté, j’ai repéré un vrai marché, au bord de la baie : fruits, viandes, légumes, poissons, bouteilles d’huile de palme, épices, condiements, manioc, tous les bahianais viennent se ravitailler au mercado Sao Joaquim et, pour les voyageurs, c’est une expérience haute en couleur (et odeurs) à ne pas rater ! Depuis l’entrée du marché, on lève la tête en direction des favelas qui s’empilent et surplombent la baie, immergées de soleil et d’embruns marins. Pour certains habitants, elles restent « un endroit privilégié » et c’est seulement en ayant la chance d’admirer un coucher de soleil sur la baie depuis la fenêtre d’une de ces habitations de fortune que l’on reconnait ce privilège. Dans certains quartiers de la ville, deux mondes se côtoient et des vies bien différentes semblent s’enchevêtrer sans se déranger, chacune vacant joyeusement à son quotidien et ses occupations. Avec Léon nous n’avons pas vraiment ressenti l’insécurité durant ce voyage à Bahia, même si nous avons préféré nous déplacer en taxi la nuit et éviter les bijoux ou objets de valeur trop apparents… Pour finir, nous vous recommandons de faire un tour du côté de Rio Vermelho, un nouveau quartier bohème tendance où se retrouvent les intellos bahianais, surtout depuis que le Musée d’Art Moderne a rouvert ses portes et que ses alentours sont propices à la contemplation, à la lecture et aux balades romantiques… Un petit vent de fraicheur moderne souffle sur la baie de tous les Saints.

Quel hôtel à Salvador de Bahia ?

On ne saurait que vous recommander de dormir dans la vieille ville, le Pelourinho, car ce n’est pas tous les jours qu’on peut s’offrir une nuit au cœur d’un site classé à l’Unesco, et encore moins dans un ancien couvent du 16ème siècle ! Le Pestana  Convento do Carmo est certainement le plus bel hôtel de la vieille ville, en tous cas ce fut le premier hôtel de luxe au Brésil…et l’élu de nôtre cœur durant ce voyage !

Nos conseils pour un voyage à Bahia :

  • Ne révisez ni votre anglais, ni votre espagnol avant de partir en voyage à Bahia, mais mettez-vous plutôt au portugais car la plupart des brésiliens ne parlent que leur langue ! Sinon, pensez au langage des signes, on en garde de fabuleux souvenirs…
  • Pas besoin de visa pour le #Brésil, pensez juste à vérifier la validité de votre passeport pour éviter les mauvaises surprises
  • Du 18 au 21 février, c’est la fête à Bahia ! Le carnaval, celui du peuple, accueille deux millions de personnes dans les rues endiablées de la ville ! Venez vous fondre dans la masse…
  • Pensez à faire un tour dans les îles au large de Salvador de Bahia, comme Morro de Sao Paulo, ce sont de vrais petits paradis de Robinson et c’est idéal pour faire une vraie pause balnéaire !
  • Dans l’idéal, si vous n’êtes pas très « roots », prévoyez plutôt un circuit sur mesure au Brésil adapté à vos envies et à votre rythme, et prévoyez au moins 4 jours à Salvador de Bahia et dans les îles…

Bresil-Bahia-voyage-hotel

Bresil-Bahia-voyage

Bresil-Bahia-voyage

Bresil-Bahia-Unesco voyage